Hôtel-Restaurant: Le Mont - Arès

NESTIER : A mi-chemin entre LANNEMEZAN (65) et MONTREJEAU (31)

 

   

 

HISTORIQUE DU MONT-ARES

 

Le Mont-Arès a été surtout au cours des siècles un lieu de ferveur populaire, païenne ou religieuse. Vous avez devant vous une preuve matérielle de ces élans de spiritualité qui se manifestaient parfois chez nos ancêtres à certaines époques : un calvaire édifié au XIX° siècle.

 

Mais dès l’époque gallo-romaine déjà, un temple dédié à Arès est construit au pied la colline. Il aurait été détruit par les Vandales au V° siècle. Des pierres de ce temple sont encastrées dans le mur de clôture de l’église actuelle. D’autres vestiges (fûts et colonnes) sont dispersés dans certaines propriétés privées de Nestier.

 

Le calvaire a été édifié de 1854 à 1880. Les travaux sur le site ont donc duré 26 ans.

 

 
   

Il est important de préciser le contexte local de l’époque à laquelle fut érigé cet ensemble et de noter en particulier deux événements majeurs qui se déroulent à la même période dans le pays :

  • un événement religieux d’abord : en 1858, c’est-à-dire 4 ans après le début des travaux, ont lieu les premières apparitions de la Vierge à Lourdes, qui était également apparue à Nouillan près de Montoussé en 1848,

  • un événement politique ensuite : c’est l’affaire du transfert du chef-lieu de canton de Nestier à Saint-Laurent de Neste, qui va durer 80 ans, de 1790 à 1870.

 
 

14 mai 1854

La construction des chapelles démarre, avec l’autorisation du conseil municipal de Nestier, chef-lieu de canton, et sous l’entière responsabilité du curé Béjottes, alors curé de Nestier, « qui à l’instar des constructeurs de cathédrales réussit à entraîner tous les habitants de Nestier pour participer à cette réalisation ».

Effectués par étapes successives, les travaux sur le site vont durer près de 30 ans, de 1854 à 1880, date de la construction du dernier bâtiment : le monastère, construit par des moines venus de Saint-Bertrand de Comminges.

C’est d’abord la construction des 11 chapelles ou stations. « Chaque petite chapelle de style roman, construite en pierre sèche, est constituée par une vaste niche aux murs épais, au toit recouvert d’ardoises (ndlr : aujourd’hui, après restauration, recouvert de lauzes de schiste) à la voûte arrondie .

 
 

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Le tableau du chemin de croix et le même sujet représenté grandeur réelle par les statues, le tout face au levant, sont protégés par une grille en fer forgé.

Les quatre premières chapelles abritent les 4 scènes de la Passion : agonie au jardin des Oliviers, tribunal de Pilate, Flagellation, Couronnement d’épines.

Les sept autres chapelles abritent le chemin de croix (qui se trouve aujourd’hui à l’église du village) à raison de deux tableaux par chapelle ( les tableaux étant « des gravures avec un encadrement gothique en chêne massif »).

A peine visible au bas de la montée, une grotte abrite une Nativité avec l’enfant Jésus, ses parents et les rois mages.

 
 

 

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14 octobre 1863

Neuf ans après le début des travaux, nouvelle autorisation du conseil municipal et toujours sous la responsabilité du curé Béjottes chargé du financement, construction de la chapelle supérieure, à gauche des dernières stations du chemin de croix.

Restaurée à l’identique, elle possède un fronton représentant la crucifixion avec des personnages de terre cuite. Elle possède également un autel en pierre taillée, des fenêtres et une porte de même encadrement en pierre, style ogival, donnant sous un porche largement dallé et surmonté d’un campanile. La cloche a été fondue à Nestier. Des bancs et des stalles en chêne massif s’alignent à l’intérieur.

Gardons à l’esprit que les apparitions de la Vierge à Lourdes ont eu lieu il y a déjà 5 ans, en 1858, et que la bataille du transfert du chef-lieu de canton fait rage.

Jusqu’à la veille de la première guerre mondiale, on y disait la messe à certaines occasions : à la St Jean, le 24 juin matin, jour de la fête du village qui célébrait ainsi son saint patron Jean-Baptiste ; à Noël, la nuit de Noël ou le jour de Noël ; ou le lundi de Pâques.

Cependant, tous les ans, et jusqu’à une époque récente, les villageois continuèrent à allumer le feu de la St Jean devant l’entrée de cette chapelle.

 
 

En 1880

Séduits par le site et la présence du Calvaire, des moines olivétains (congrégation de Mont-Olivet), venant de St-Bertrand-de-Comminges commencèrent, jusqu’à la mise sous toit d’ardoises, le monastère qu’ils ne purent terminer ayant été chassés en 1883 par les premières lois sur les Congrégations.

 
   

 

 
   

Mais comment et par qui cet ensemble a-t-il été construit ?

Tout cet ensemble (excepté le monastère, aujourd’hui gîte rural) a pu être édifié par une main d’oeuvre volontaire et bénévole, hommes et femmes du village. « Les hommes transportèrent, à bras le plus souvent, les matériaux : sable, pierres, poutres. Ce sont les femmes qui, dévalant et remontant le Mont-Arès, ont porté l’eau de la Neste, nécessaire pour gâcher le mortier, dans des « dournos » ou cruches en terre cuite, posées sur leur tête : c’était la corvée de chaque matin ».

A partir de la fin de la première guerre mondiale, commence une période de dégradations dont les causes ont été plus le fait des hommes que du temps.  La nature reprend ses droits et la végétation envahit tout. Cependant  le site n’est pas totalement laissé à l’abandon puisque tous les ans, à l’occasion de la fête locale, on continue à allumer le feu de la Saint Jean au sommet du Mont-Arès, devant la chapelle supérieure en ruines.

 
   

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18 juillet 1943

Une grande croix de bois est dressée tout en haut du Mont-Arès, une cinquantaine de mètres après la chapelle supérieure, sur la gauche du sentier qui mène au sommet de la colline.

 
 

22 mai 1957,

la croix est illuminée jusqu’en mai 1966, année de changement de voltage (110 puis 220 volts). C’est la raison pour laquelle l’installation n’est pas renouvelée

 
 

Mai 1966

«Des jeunes de Nestier (ndlr : groupe animé par Christian Lamarque) ont voulu cependant faire revivre les vieilles traditions et le soir du mercredi saint, de 20 heures à 21H30, à la lumière des cierges et des lampes de poche, une grande procession partant de l’église est allée jusqu’au Mont-Arès pour un chemin de croix solennel avec de nouvelles croix bénites et placées deux par deux dans chaque chapelle.

La cérémonie prenait fin sur le sommet au pied de la grande croix de bois, avec cantique en l’honneur de la Croix. Le tout parfaitement réussi, avec une centaine d’assistants venus de presque tous les foyers de Nestier et même d’Hautaget et de St Paul. Ce premier succès, très encourageant, pourra se renouveler l’an prochain et les années suivantes, s’il plaît à Dieu » (l’Echo de la Neste – mai 1966).

 
 

1984

Les villageois regroupés au sein du Foyer rural, et de nombreux bénévoles, entreprennent le nettoyage du site. Les chapelles et le monastère sont dégagés des ronces et des arbres envahissants. L’association « renaissance du Mont-Arès » qui regroupe des habitants de Nestier mais aussi des non résidents, est créée le 1° juillet 1988.

La restauration et l’animation du site prennent alors une autre dimension. L’inscription de l’ensemble du Calvaire à l’inventaire des Monuments historiques, le 17 mars 1989, permet d’obtenir les subventions nécessaires à la restauration des petites chapelles et l’aménagement des gradins pour la réalisation d’un théâtre de verdure où se déroulent au mois de juillet, depuis 1989, les saisons « été à Nestier ». Le monastère rénové ouvre ses portes le 1° juillet 1992 comme gîte rural et centre d’accueil et d’animation. C’est en été 1996 que la chapelle haute est restaurée entièrement. Elle est inaugurée officiellement le 7 juillet 2000.

 
 

 

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2002

Le théâtre de verdure devient le lieu où se déroulent chaque année des spectacles théâtraux réalisés par les villagois et des personnes volontaires de la communauté de commune du canton, au sein de l'association villageoise : Les Amis de  Nestier et du Vallon de Bouchère (ANVB).

Ces spectacles, inédits et originaux, obtiennent un succès incontestable de par leur nature même : la restitution sur scène d' histoires authentiques qui se sont déroulées sur les lieux-mêmes et jouées par les gens du pays. Par ailleurs, cette dimension culturelle du site est complétée d'une dimension spirituelle sous la forme de tableaux religieux réalisés par Marie-Claude Gilles, membre de l'ANVB, et mis en place la même année dans les chapelles.